Le scarabée qui ruminait

Le scarabée

Il était une fois un scarabée qui ne cessait de ruminer sous sa carapace. Il pensait à tous ces papillons qui volaient au dessus de lui, et qui avaient l’air de tant s’amuser alors que lui traînait sa carcasse toute noire sur le sol. Il jalousait les exclamations de son entourage contemplant les couleurs chatoyantes des ailes des papillons. Il en voulait à la nature, de l’avoir fait tel qu’il était.  Il se disait : « C’est vraiment trop injuste, pourquoi la nature a t-elle permit qu’il y ait des papillons et des scarabées et pourquoi m’a t-elle choisi moi comme scarabée ? J’aurais vraiment tout donné pour être un papillon ». A peine avait–il formulé ce souhait, qu’une fée apparut.

« Vraiment petit scarabée, c’est ce que tu souhaiterais ? ». Le scarabée, se remettant à peine de sa surprise, regarda la fée avec ses yeux larmoyants.

« Oh oui, belle fée, c’est ce que je désire le plus au monde ».

« Et bien qu’il en soit ainsi », et en un tour de baguette magique, le scarabée se transforma en un magnifique papillon.

Comme il se sentait soudain léger, aérien. Quel plaisir de voler au dessus des fleurs, de butiner, de se sentir admiré. Quel bonheur de mouvoir ses ailes si légères, de se sentir ainsi transporté par la moindre brise. Et cette sensation de pouvoir enfin prendre de la hauteur. Comme tout soudain prenait un autre sens. Il n’avait jamais réalisé comme la terre pouvait être vaste vu d’en haut ! Il découvrait tellement de choses qu’il en avait presque le tournis. Il se posa sur une fleur. Il la regarda, l’admira. Quel magnifique parfum elle exhalait ! « Oh comme il doit être bon d’être une fleur admirée par tous et qui exhale une si bonne odeur. J’aimerais tellement être une fleur ». « Vraiment, dis la fée, c’est ce que tu souhaites ? » « Oh oui », dit le papillon-scarabée. Et en un tour de baguette magique, il se retrouva fleur.

Quel bonheur d’étaler ses pétales au soleil, de diffuser cette divine odeur, de sentir les papillons venir se nourrir en son cœur. « Voilà la douce vie dont j’ai toujours rêvé. » se dit le scarabée. « Se donner de façon inconditionnelle, ouvrir son cœur et offrir à chacun son parfum. »

 

Perdu dans ses rêveries notre fleur-papillon-scarabée fut surpris de sentir sa tige se mouvoir d’une drôle de manière. Penchant sa tête vers le bas, il aperçu alors un scarabée, qui en passant près de lui, l’avait effleurée. Le scarabée, ne s’étant aperçu de rien, continuait tranquillement son chemin. Le voyant, sur ces pattes, notre ami, fut soudain pris d’un accès de nostalgie. « Ah si j’avais des pattes, moi aussi je pourrais me promener. Aller déambuler à travers les champs, découvrir de nouvelles merveilles à chaque pas, voir de beaux papillons voleter au dessus de moi, sentir les parfums de toutes les fleurs qui embaumeraient mon chemin. Quelle chance extraordinaire d’avoir des pattes et de bouger. « C’est comme ci » se disait-il, « les scarabées, avaient cette chance extraordinaire que leur avait accordée dame Nature, d’expérimenter le mouvement… Car être une fleur, c’est bien joli, mais j’ai quand même sacrément l’impression de faire du surplace. » 

 

A ce moment là, la fée réapparue près du scarabée-fleur. « Mon ami », dit-elle, « Qu’as tu appris de cette aventure, toi qui semble désormais vouloir retrouver ton état de scarabée ? »

« Je crois ma fée, que si dame nature, m’a fait scarabée, c’est qu’elle avait certainement de bonnes raisons pour cela. Et que loin d’elle l’idée de me priver de quelque chose ou de me vouloir du mal, c’est par amour qu’elle a agi ainsi. Je ne suis pas fait pour être papillon ou fleur ! Je l’ai compris à présent. J’ai envie plus que tout de découvrir le monde, et la nature le savait bien. La preuve elle m’a muni exactement du corps dont j’avais besoin. Un corps de scarabée, doté d’une splendide carapace et de pattes qui agrippent et accrochent pour me protéger et me permettre d’explorer et de parcourir la nature, comme j’en ai envie. Je crois ma bonne fée que, si tu me redonnes mon corps de scarabée, je saurais désormais l’honorer comme il le mérite ».

« Qu’il en soit ainsi » répondit la fée.

Stéphanie POTEVIN

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